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Le boom de l’intelligence artificielle a été l’un des moteurs principaux des marchés financiers en 2025, avec des valorisations record pour les actions technologiques et une forte confiance des investisseurs. Des analystes avertissent que ce boom pourrait alimenter une reprise de l’inflation globale en 2026, un phénomène que les marchés semblent sous-estimer. L’augmentation des dépenses en IA, notamment la construction et l’exploitation de centres de données, contribue à maintenir l’inflation dans plusieurs grandes économies au-dessus des cibles des banques centrales. Si cette pression persiste, les autorités monétaires pourraient freiner ou inverser leurs politiques accommodantes.
Les besoins en capacité de calcul et en puissance énergétique pour soutenir les modèles d’IA ont fait exploser les coûts d’infrastructure. Une étude sectorielle estime que plus de 5000 milliards de dollars seront nécessaires dans le monde d’ici 2030 pour développer des centres de données capables de faire tourner des charges de travail IA, un chiffre gigantesque qui reflète l’ampleur de ces investissements. Ce n’est pas seulement le montant total, mais aussi le rythme de croissance des coûts qui crée une pression sur les prix des composants essentiels comme les puces haute performance et les systèmes de refroidissement spécialisés et sur l’énergie, qui est un input stratégique coûteux pour ces installations.
Contrairement à l’hypothèse que les gains de productivité technologiques réduisent l’inflation, les expertises financières anticipent que l’inflation restera au-dessus des cibles officielles jusqu’à la fin de 2027, en partie à cause de l’investissement IA. Cette dynamique pourrait pousser des banques centrales comme la Réserve fédérale américaine ou la Banque centrale européenne à reconsidérer leurs cycles de taux d’intérêt. Une hausse des taux ou la fin des baisses réduirait l’appétit pour le financement bon marché qui alimente actuellement la croissance des dépenses technologiques.
Les marchés ont déjà montré des signes de nervosité. Certaines actions de groupes technologiques ont chuté après des rapports faisant état de coûts en hausse et de marges sous pression, ce qui montre que les investisseurs intègrent progressivement le risque inflationniste lié à l’IA dans leurs évaluations. Si les coûts de financement augmentent, les valorisations des entreprises technologiques à forte croissance pourraient se contracter, affectant particulièrement les titres qui tirent leur valeur de projections de croissance lointaine plutôt que de bénéfices actuels.
La question fondamentale demeure. L’investissement massif en IA est-il une opportunité durable ou un risque de déséquilibre économique ? Une croissance soutenue des investissements stimule l’innovation et peut accroître la productivité sur le long terme. Mais si ces dépenses deviennent trop concentrées dans des infrastructures coûteuses sans retour économique immédiat, cela peut créer des calibrages erronés des prix du marché, une inflation persistante et une vulnérabilité accrue des économies à des chocs de politique monétaire.
La construction de centres de données et l’achat de matériel IA nécessitent des ressources rares et coûteuses, ce qui augmente les coûts de production au sein du secteur technologique et au-delà.
Si l’inflation dépasse les cibles de stabilité des prix, les banques centrales pourraient relever les taux d’intérêt ou arrêter les baisses, rendant le crédit plus cher et freinant l’investissement.
Les secteurs technologiques et de l’infrastructure cloud sont les plus exposés, mais l’impact peut s’étendre aux marchés financiers et aux biens de consommation si les pressions sur les prix se généralisent.
Ce n’est pas certain. L’IA peut générer des gains de productivité substantiels, mais l’ampleur des dépenses requises et les risques inflationnistes associés posent la question d’un possible déséquilibre macro-économique.